Quand Largo voit rouge, mais nous laisse un peu tièdes

Colère rouge, dix-huitième tome des aventures de Largo Winch, c’est un peu comme un yacht de luxe pris dans une mer agitée : ça reste chic, mais ça tangue sévèrement. Jean Van Hamme et Philippe Francq, après des années de succès, nous livrent un tome qui promet tension et action, mais qui peine à maintenir le cap.


Largo se retrouve plongé dans une nouvelle intrigue où complots financiers et vendettas personnelles s’entrelacent. Cette fois, la vengeance semble être le plat principal, mais le récit s’embourbe un peu dans ses propres ambitions. Entre négociations tendues et fusillades dans des décors exotiques, le cocktail typique de Largo Winch est présent, mais le dosage semble moins inspiré qu’à l’accoutumée.


Graphiquement, Philippe Francq reste fidèle à sa réputation. Les cases sont impeccables, les décors somptueux, et les scènes d’action bien chorégraphiées. Cependant, cette précision visuelle ne suffit pas à compenser un scénario qui manque de souffle. Les paysages exotiques et les costumes impeccables ne peuvent masquer une intrigue qui tourne parfois en rond.


Côté scénario, Van Hamme déroule une intrigue qui semble jouer sur l’autopilote. Les dialogues sont toujours percutants, mais l’histoire elle-même manque de l’intensité et de l’ingéniosité qui faisaient la force des meilleurs tomes. Les méchants manquent un peu de charisme, et Largo, bien qu’encore charmant, donne l’impression de répéter un rôle qu’il connaît trop bien.


Le rythme, souvent un point fort de la série, est ici un peu bancal. Certaines scènes traînent en longueur, tandis que d’autres, qui auraient mérité plus d’attention, sont expédiées. La fameuse "colère rouge" promise par le titre peine à se faire sentir, et le climax tombe un peu à plat.


En résumé : Colère rouge est une aventure de Largo Winch qui coche toutes les cases habituelles – luxe, danger, et machinations – mais qui manque de l’étincelle qui faisait la force de la série. Une lecture qui satisfera les fans hardcore en quête de leur dose annuelle de Largo, mais qui pourrait frustrer ceux qui espéraient une intrigue aussi explosive que le titre le laisse entendre. À lire comme un épisode de transition… en attendant que Largo retrouve vraiment sa flamme.

CinephageAiguise
6

Créée

le 22 nov. 2024

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