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Mouais...
Une BD qui j'ai lue d'une traite, je ne peux donc pas mettre une mauvaise note. L'histoire est en effet prenante et intéressante, mais, au final, il s'agit d'une tranche de vie, plus que d'une...
le 13 janv. 2020
Après avoir démarré sa carrière dans la BD comme coloriste pour Dupuy-Berberian, Marion Laurent est devenue dessinatrice en 2006. Un virage qui a donné lieu depuis lors à trois albums réalisés en tandem avec le scénariste Arnaud Le Roux, tous parus aux éditions Futuropolis. Aujourd’hui, la jeune Française ajoute une corde supplémentaire à son arc: en plus de la couleur et du dessin, elle assure désormais aussi le scénario. Le résultat s’appelle « Comment naissent les araignées », le premier roman graphique entièrement réalisé par ses soins, qui vient de sortir chez Casterman. Et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. S’attardant sur quatre personnages écorchés dans l’Amérique profonde des années 90, « Comment naissent les araignées » est un récit juste et sensible, au découpage très cinématographique. S’inspirant de ce qui se fait dans les films choraux, dans lesquels plusieurs histoires se croisent et se rejoignent, Marion Laurent choisit de consacrer un chapitre à chacun de ses personnages principaux, offrant ainsi au lecteur un point de vue différent sur des mêmes événements. Une belle trouvaille! Le point commun d’Alice, Isadora et Billie, les trois personnages féminins du livre, c’est la difficile relation mère-fille. Alice est une jeune fille solitaire, considérée comme bizarre par les autres filles de son âge. Il faut dire qu’à la maison, elle étouffe à cause de l’éducation très stricte de sa mère, qui refuse qu’elle se coupe les cheveux et ne se rend pas compte que sa fille est en train de grandir. Isadora, qui est au coeur du deuxième chapitre, est une clocharde alcoolique. Cette ancienne infirmière est hantée par le souvenir de sa mère autoritaire et rongée par la culpabilité d’avoir abandonné sa fille Louise, qu’elle a laissée à Lexington lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant. Enfin, Abigail (mais elle préfère qu’on l’appelle Billie) est une jeune fille noire qui, elle aussi, a bien du mal à trouver sa place entre une mère ultra-religieuse, un père absent et un grand frère frère violent et moralisateur. Ce dernier refuse qu’elle adresse la parole au moindre blanc, alors qu’elle aimerait juste pouvoir passer un peu de temps avec Curtis, un garçon blanc qui s’intéresse à elle. Quant à Dwight, le quatrième personnage principal du livre, il fait penser à une sorte de Kurt Cobain avant la case célébrité. C’est un artiste sensible et introverti, qui s’est lui aussi coupé de sa famille et qui ne vit qu’à travers ses comics. Il fantasme d’ailleurs complètement sur Alice, qu’il voit comme une nouvelle Barbarella. Malgré leurs fêlures et leurs difficultés de communication, Alice et Dwight vont vivre une belle histoire d’amour. Mais forcément, celle-ci ne va pas durer…
Malgré ses couleurs sursaturées de rose, le récit à quatre voix de Marion Laurent n’a rien de réjouissant. Les parcours d’Alice, Isadora, Billie et Dwight sont durs et graves et, au final, il n’y a pas de happy end. Pourtant, il y a quand même une lueur d’espoir dans cette histoire, une fois que celle-ci se transforme en road movie. Lorsque les 3 femmes vont faire un bout de chemin ensemble, ça va leur faire du bien de traverser ensemble cette Amérique profonde, car elles vont se rendre compte qu’elles ne sont pas aussi seules qu’elles le croyaient. Mais au final, la tonalité de « Comment naissent les araignées » reste tout de même très triste et mélancolique, ce qui fait précisément tout son charme. Si on ajoute à cela le graphisme et les couleurs un peu rétros de Marion Laurent, cela donne un roman graphique très réussi, qui pourrait sans problème inspirer un cinéaste. Si c’est le cas, cela fera encore une ligne à ajouter à la carte de visite de Marion Laurent.
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Créée
le 28 avr. 2015
Critique lue 378 fois
5
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