Très décevant selon moi.
Les illustrations sont de qualité, dans un style qui se prête bien au propos du livre. Les textes en revanche sont inégaux, ayant été écrits par les témoins.
J'ai trouvé le concept attirant, mais au final c'est une énième BD ouin-ouin sur les "problèmes" de gens appartenant à ce qu'on aime aujourd'hui dépeindre comme une nouvelle norme, c'est à dire des personnes sédentaires, qui ne prennent pas soin d'elles, ramènent tous leurs complexes au dictat de la mode, des réseaux sociaux et, bien sûr et surtout, au patriarcat, et trouvent scandaleux de vivre dans une culture qui ne voit pas dans les poils, le gras du bas du dos et les boutons purulents une expression de la beauté profonde de la nature et de la Vie.
On notera également, sans surprise, que ça ne parle quasiment que de femmes, avec si possible une teinte queer.
Accepter son corps, c'est bien. Le respecter, c'est bien aussi. Et on est libre de choisir comment le faire, libre de ne pas le faire, libre d'en vouloir à ce monde, qui ne changera pas, de ne pas changer. Libre de vivre en victime. Un excellent livre, donc, pour qui veut continuer de se lamenter et maintenir sa colère, son aigreur et son taux de cortisol au dessus de l'encaissable.
Au final, en opposition avec toute idée de liberté, et malgré le ton "bienveillant" du livre, Léa Castor laisse le lectorat avec le sentiment que si on ne pense pas que "moche is the new black", on est collabo.