Country Dairy s’ouvre sur une suite de petits paysages ouverts, mettant en avant son décor rural. Par ce choix de mise en scène, Aya Ishino explicite l’envie de nous parler liberté et de liens avec la nature, le monde « réel ». Cette connexion entre nature et liberté peut se comprendre au Japon autant sur le plan religieux (Shintoïsme invitant à une connexion avec l’environnement) que sociétale (les 3 plus grosses villes concentrent plus de 50% de la population). On est donc sur une vision plus « Marie-Antoinette » et moins « lisier épandu et misère sociale » de la ruralité, en témoigne également les chapitres de l’histoire appelés « feuille ».


En effet, il y a un aspect très Stardew Valley à l’histoire proposée. Sur sa page de couverture, on peut y lire les mots clefs : « Campagne, Artisanat, Sentiments ». On peut se demander pourquoi les sentiments ne pourraient pas exister dans le monde urbain. C’est une vision fantasmée de la réalité mais qui semble assumée et qu’on ne interrogera pas par la suite. C’est faux je suis agronome et je n’ai pas pu m’empêcher de lister tout ce qui me semblait bizarre.


Malgré la générosité qui marque l’ensemble des personnages, il y avait une forme de secte lorsque Kurumizawa n’est réellement accepté que lorsqu’il est en présence d’Usa (dans un premier temps). Cela donne à ces rapports une forme de dissonance entre le rapport des gens aux « étrangers » et leur gentillesse à toute épreuve. L’autrice n’hésite pas à ignorer les conflits entre agriculteurs ou avec des habitants pourtant récurrents dans le monde rural. Je vous épargne les considérations techniques sur le labour mais l’idée de labourer à la main est une folie qui ne se fait pas seul, même sur un champ qui a l’air aussi petit. Ne pas mettre en avant les dégâts dans du maraîchage bio est une folie aussi. Tout ce que fait le personnage n’est cependant pas déconnecté. Le permis est un élément récurrent, mais il est agréable de voir aussi les bâches, qui sont pourtant peu bucoliques.


Cependant, ces remarques sont superflues, ce manga s’adresse à des gens rêvant d’une vie meilleure et plus saine, où leurs efforts fourniraient des résultats dont ils seraient fiers. Ce yaoi discret nous invite à aimer la vie, la nature et les gens. S’il est parfois bancal dans son histoire ou sa mise en scène, je préfère garder de Country Dairy une œuvre sincère, qui nous invite à rêver, à nous reposer dans un décor diapré au fil des saisons.


Lordlyonor
6

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le 24 avr. 2026

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Lordlyonor

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