Points positifs :
L'humour est globalement agréable et bien dosé (quand il ne tombe pas dans le registre pipi-caca.) Le plot tient la route, et certains personnages sont vraiment attachants. Le système de flashbacks sur les nouveaux personnages est certes éculé, mais l'écriture qui les accompagne peut être sincèrement touchante, Zuma en est le meilleur exemple pour moi.
Côté direction artistique, les dessins sont franchement impressionnants et les compositions de cases particulièrement soignées.
Sur un point souvent critiqué, le glissement du thème fantômes/esprits vers la science-fiction et les aliens, je défends ce choix. Oui, on s'éloigne de l'atmosphère originelle qui avait séduit une partie du lectorat, mais honnêtement, rester cantonné aux esprits et aux fléaux m'aurait rapidement lassé ( qu'on retrouve chez 40% des shonen japonais ptn.. ). Cette ouverture vers le cosmos a ravivé mon intérêt pour l'histoire, et plusieurs arcs qui en découlent sont vraiment bien maîtrisés. La réserve, c'est qu'il faut s'armer de patience, on parle facilement de 130 chapitres avant d'y arriver. ( aux bons arcs )
Points négatifs :
Le fan-service est omniprésent et franchement pesant. On retombe dans le schéma classique du geek lambda entouré de filles toutes éprises de lui, une formule réductrice, redondante, qui donne l'impression que le manga ne s'adresse qu'à un public très précis. En 2024, on pouvait viser autre chose.
L'obsession récurrente autour de l'entrejambe du personnage principal est elle aussi difficile à défendre : ni vraiment drôle, ni particulièrement intéressante, elle finit par donner l'impression que c'est le seul gimmick comique du manga.
Plus fondamentalement, l'écriture souffre d'un vrai manque de structure. Les dialogues sont souvent simplistes, et le rythme des arcs paraît chaotique. Il y a une idée, une ébauche de scénario, mais le fond n'est pas maîtrisé, le combat de l'œil maléfique contre Complonou en est un bon exemple : on a la sensation d'un récit qui mise tout sur le spectacle au détriment de la cohérence narrative, dans une logique purement shōnen de "en mettre plein la vue".
Enfin, les relations entre personnages sont expédiées bien trop rapidement, sans développement réel, Vamola et Momo, Momo et Okarun : les dynamiques sont esquissées mais jamais vraiment construites.