Nous nous baignons dans la mer et un grand requin blanc fonce sur nous. Malgré les gens qui crient pour nous alerter, nous préférons tourner le dos au requin et nous émerveiller de la vue de la grande ville, dont les gratte-ciels scintillent dans la nuit.
Cette allégorie saisissante est le début d'une présentation du réchauffement climatique et de la destruction en cours de notre planète. Bien que les propos de l'auteur, en tant que narrateur ou par l'intermédiaire d'un scientifique du GIEC, soient documentés et précis, la force de cette œuvre provient surtout des dessins. Ceux-ci mettent en scène des images du monde qui nous entoure pour nous faire ressentir tous ses paradoxes. Roberto Grossi remonte aux sources du problème : la révolution industrielle, bien sûr, mais également la colonisation des pays du Sud par les empires européen. La solution est à la fois simple à énoncer et difficile à mettre en œuvre : "Il est plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme."
Une BD que l'on a envie d'offrir à tous les climatosceptiques et dont la lecture urgente devrait être obligatoire pour tous et toutes les hommes et femmes politiques.