Dans ce troisième et dernier tome, la descente aux enfers de Matt Murdock (alias Daredevil) se transforme en une véritable chute libre. le Caïd met tout en oeuvre pour détruire sa vie, lui arrachant tout et cherchant à le briser mentalement. J'ai rarement lu un comics où le héros est autant mis à mal. Daredevil devra toucher le fond de l'abîme, une longue et douloureuse descente, avant de pouvoir espérer remonter et retrouver la lumière. Miller intègre brillamment des éléments religieux et christiques dans cette renaissance du héros, donnant une dimension spirituelle à sa rédemption. La psychologie des personnages est percutante et l'histoire est d'une dureté qui prend aux tripes.
Puis les rôles s'inverseront alors que le Caïd, à son tour, perd le contrôle, multipliant les tentatives pour anéantir son ennemi… allant même jusqu'à engager un tueur incontrôlable prêt à déclencher l'Apocalypse. Bien que la fin ne soit pas exactement celle que j'attendais, elle reste d'une intensité remarquable, et Daredevil choisira la justice plutôt que la vengeance, malgré les traumatismes qu'il a traversés. Un scénario magnifiquement construit.
Le volume se clôt avec une histoire datant de 1994 et revenant sur la jeunesse de Matt Murdock, son enfance puis ses premiers pas en tant que vengeur avant de devenir Daredevil, ainsi que sa rencontre avec la flamboyante Elektra. Les traumatismes de notre héros seront parfaitement mis en avant pour expliquer sa personnalité. C'est un récit classique de type "Année Un", mais efficace et pertinent pour conclure ces trois volumes : la boucle est bouclée.
Seul bémol de ce livre : celui-ci débute par une courte histoire de 1979, où Frank Miller est uniquement le dessinateur, et dans laquelle Daredevil n'est même pas le personnage principal puisqu'il joue un rôle secondaire aux côtés à Spider-Man. de plus, le scénario est sans grand intérêt.... Mais bon, cette histoire anecdotique n'entache en rien la qualité de ce run magistrale de Miller.
Un CLASSIQUE ABSOLU.