Visiblement traumatisé par l'aura démoniaque des mythiques EC Comics, l'auteur de bandes dessinées Run a, en 2011, la brillante idée de créer une série anthologique proposant différentes histoires, chacune imaginée par un artiste précis. L'objet du délit: DoggyBags.
Arborant fièrement une superbe couverture dans le plus pur style Grindhouse, le premier numéro de Doggybags est constitué de trois courts récits, trouvant leur inspiration dans la pop-culture aussi bien américaine que japonaise. Lui-même créateur du meilleur segment, Run s'entoure pour ce galop d'essai de Singelin et Maudoux, auteurs de deux autres récits fort sympathiques.
Aussi bien nourris par la série B, par le manga ou par une imagerie typiquement américaine, les histoires ici recueillis ne prétendent à rien d'autres qu'à du fun pur et dur, hommage assumé et énergique à tout ce qui fait vibrer les dessinateurs ici présents.
Parfaitement mis en images, cinématographique au possible et ne sombrant jamais dans la simple admiration béate, ce premier numéro de DoggyBags est un peu le rejeton tout à fait légitime de Tales from the crypt et de Métal Hurlant, et, malgré quelques faiblesses, promet de joyeux délires pour la suite.