C'est le principal point noir de ces 6 numéros: si vous ne connaissez pas la Doom Patrol et spécifiquement la période Morrison, vous allez vous sentir mis à l'écart et pas de façon polie.
Way présuppose que vous avez lu ce qu'il a lu et donc ne se donne jamais la peine d'expliquer ou de contextualiser les personnages et thèmes qu'il n'a pas spécifiquement créés. Et c'est donc très mal écrit pour un néophyte et c'est, pour moi, une des pires tares que peut avoir un comic-book.
Robot Man et Larry Trainor vous seront complètement inconnus avant et après la lecture et vous ne comprendrez pas pourquoi il y a des interludes avec un "Chief". Et c'est nul comme façon de faire.
Les deux premiers numéros sont à la limite de l'incompréhensible. On arrive à capter qui est cette ambulancière et son co-équipier mais tout le reste n'a aucun sens. Heureusement, les 4 suivants viennent mettre un fil narratif qui relie les parties jusqu'à lors absconses.
Et lorsqu'il se donne la peine d'expliquer ce qu'il raconte, ça peut donner d'excellentes choses comme les origines de l'ambulancière racontée façon "Histoire du comic-book à travers les âges". L'histoire générale est bonne bien qu'un peu trop triste pour moi, j'aime trop ce personnage pour qu'il lui arrive ce genre de trucs.
Alors que le dessin n'était vraiment pas le point fort de la période Morrison, ici on a le droit à Nick Derington qui justifie à lui seul la douleur des premiers numéros. Un dessin propre et clair qui contraste avec une imagerie parfois violente. Sans lui, la série aurait été nettement moins agréable à lire.