Dans ma PAL depuis une éternité, j’ai enfin lu Éclat(s) d’âme. J’adore quand je farfouille dans ma propre bibliothèque et tombe sur une vraie pépite.
Ici, on suit un ado paumé qui, au moment où tout déraille, découvre un lieu un peu à part, une sorte de point de chute où se croisent des gens très différents, mais qui ont tous quelque chose à régler avec eux-mêmes.
La grande force du titre est clairement son ambiance. La ville est presque un personnage, avec ses rues, ses pentes, ses fenêtres éclairées. Et au centre, ce lieu de rencontre où on parle, on se tait, on revient, on s’esquive. On a vraiment l’impression d’y entrer, de s’installer dans un coin et de participer de loin à cette histoire, comme un témoin muet.
Éclat(s) d’âme parle de relations LGBT, d’orientation, d’identité, d’acceptation de soi et des autres. On est dans le quotidien, dans les maladresses, les phrases qu’on n’arrive pas à dire ou celles qui se disent au contraire trop fort, les regards qui mettent du temps à se croiser. C’est de la tranche de vie sociale, avec des personnages aux genres et sexualités variés, qui cherchent surtout comment exister sans se renier.
J’ai refermé cette série avec l’impression d’avoir passé du temps dans un endroit précieux, où les gens ont le droit d’être en chantier, à l'image des maisons qu'ils retapent. Doux, nuancé, jamais mièvre : clairement un titre que je suis contente d’avoir enfin découvert.