Electric Miles est apparu dans les rayons de librairie en avril de l’année dernière. Une nuit orageuse, un homme au visage caché marche seul. Une atmosphère de film noir se dégage de la couverture. Un immense bouledogue au second plan semble attirer les éclairs et offre un ton mystérieux à la splendide illustration née de la plume de Brüno. D’ailleurs, c’est la participation de ce dessinateur au projet qui m’a attiré vers cet album. En effet, le plaisir né de mes lectures de Atar Gull ou des différents opus de Tyler Cross est dû pour une part non négligeable au style personnel et remarquable de ce talentueux artiste. Dans un second temps, je découvre que Fabien Nury est en charge du scénario. Quelle agréable surprise ! Ce dernier est un de mes auteurs préférés. La liste de ses albums que je qualifierai de chef d’œuvres est bien trop longue pour que je la détaille ici ! Bref, cet album était déjà très attractif avant même d’en avoir découverte une seule page…
Un homme est en train de feuilleter un comics dans un magasin. Il est interpellé par un client qui semble le reconnaitre. En effet, le personnage mystérieux découvert sur la couverture est un célèbre auteur de science-fiction. Ce dernier n’a plus rien écrit depuis des années. Il vit d’une pension d’invalidité. La discussion prend un chemin curieux quand l’écrivain demande à son interlocuteur s’il aimerait qu’il lui raconte sa mort…
Le scénario intègre rapidement une touche fantastique. J’ai été surpris par ce choix narratif tant les premières planches semblaient proposer une ambiance classique de polar. Surpris ne veut pas dire déçu et j’étais curieux de voir comment les auteurs allaient gérer la cohabitation entre classicisme et originalité. Le rythme s’inscrit dans les bas habituels du roman noir. La dimension fantastique trouve essentiellement sa place dans la nature des événements et des enjeux. Elle génère un certain suspense et éveille en permanence la curiosité tant il n’est pas évident de deviner le dénouement de l’histoire. Le personnage principal est une jolie réussite. Il dégage à la fois charisme et mystère. Il incarne remarquablement le rôle de central de la trame. Les autres protagonistes restent en retrait. Néanmoins, cela ne les empêche pas de participer à l’atmosphère réussie de l’ensemble et d’apporter leur écot à l’avancée de l’intrigue.
Concernant les dessins, le talent de Brüno fait une nouvelle fois naitre un petit bijou graphique. Son style particulier colle parfaitement à l’atmosphère de polar de l’histoire. Chaque case et chaque planche sont une immersion profonde dans l’univers de l’album. Le travail sur les couleurs est tout aussi remarquable. Je ne développerai pas davantage cet aspect artistique car je manque de compétence et de vocabulaire pour décrire mon ressenti tout au long de la lecture. Mais soyez en sûr, je suis toujours sous le charme de la plume de ce grand artiste du neuvième art.
Pour conclure, cet album ne possède que des qualités. L’originalité surprenante des enjeux de l’histoire m’a perturbé dans un premier temps. C’est au cours de la deuxième lecture que j’ai pleinement profité de ce splendide album qui devrait ravir les adeptes du genre. Je ne peux donc que vous le conseiller car ce bouquin sort des sentiers battus et est le fruit d’un joli travail de la part de deux auteurs qui valent le détour…