Je n’ai pas fait dans l’originalité : j’ai suivi le mouvement et les retours très positifs autour d’Escape. En plus, avec son prix de lancement à 15 €, difficile de se priver.
J’apprécie déjà beaucoup les récits de guerre, donc le terrain était favorable dès le départ. L’histoire reste assez simple sur le papier : un soldat s’écrase en territoire ennemi et se retrouve seul derrière les lignes adverses. Malgré tout, il tente de mener à bien sa mission : Détruire un canon qui pourrait faire basculer la guerre en faveur de son camp.
Mais si le récit est simple, il n’est jamais simpliste. Rick Remender décrit parfaitement toute l’ambivalence de la guerre et cette idée dérangeante que le fait d’être “dans le bon camp” pourrait presque justifier toutes les horreurs. Le récit alterne très bien entre moments profondément humains — notamment lorsqu’on découvre le passé du protagoniste ou lors de ses rencontres avec des civils ennemis — et passages beaucoup plus viscéraux pendant sa fuite. Le chapitre 3, en particulier, retranscrit parfaitement cette sensation d’urgence et de survie qui donne tout son sens au titre Escape.
Côté dessin, Daniel Acuña livre une prestation impeccable. Son style colle parfaitement à l’ambiance du récit : on ressent la peur, le stress, la violence et l’horreur de la guerre à chaque page. Certaines séquences de fuite sont particulièrement intenses grâce à sa mise en scène.
Bref, Escape est un très bon récit de guerre, parfaitement raconté et porté par une ambiance oppressante du début à la fin. L’histoire n’est peut-être pas révolutionnaire dans le fond, mais son exécution est suffisamment maîtrisée pour rendre la lecture passionnante.