Voici un roman graphique adapté non pas d'un roman mais d'une pièce de théâtre "Henry IV" de William Shakespeare. Première originalité.
Bien, il faut que je commence par avouer que ma relation avec le grand Will a toujours été très chaotique. Je fais en effet partie des aliens qui n'ont pas du tout apprécié "Roméo et Juliette" et "Hamlet". Je sais, je sais, faudrait que je consulte. Ou pas. Car j'ai aussi apprécié certaines autres pièces, notamment le sublime "Beaucoup de bruit pour rien" et "Othello". Je ne suis donc pas une cause tout à fait perdue.
Je ne connaissais pas la pièce "Henry IV" et le personnage haut en couleurs de John Falstaff, ci-devant chevalier. Hâbleur, opportuniste, malin comme Goupil, débauché, pétri de vices, menteur et flagorneur, voici un personnage que je ne risque pas d'oublier. Antipathique au possible et qui réussit pourtant l'exploit de faire naître en nous un peu d'affection. Cet anti-héros saura flatter les puissants, notamment le fils du roi, pour tracer son chemin dans le monde et sauver sa peau.
Peu calée en histoire de la monarchie anglaise, j'ai un peu peiné à ne pas perdre le fil, étayant ma lecture de recherches connexes.
Si j'ai réellement apprécié le dessin au graphisme précis, et plus particulièrement certaines grandes planches dramatiques et lyriques, je suis restée largement en retrait de cette oeuvre graphique d'envergure. On sent la pièce de théâtre dans le choix réduit des lieux et dans la mise en lumière de nombreux personnages secondaires. Mais là où le bât a blessé pour ma part, c'est au niveau des dialogues dont une grande partie semble fidèle à la pièce et qui, dans un contexte en plein air et hors des planches, m'a semblé ampoulé et difficile à suivre. Un phrasé métaphorique et poétique très shakespearien (logique) et de ce fait assez indigeste pour moi (encore logique).
A vrai dire, je me suis ennuyée la plupart du temps pendant cette lecture, me concentrant le plus possible sur le dessin et sur la personnalité de Falstaff pour en venir à bout.
Un ressenti mitigé donc, à mon grand désappointement.