La BD enchaîne les scènes selon un schéma répétitif :
• Fassbinder s’adressant à une actrice, un décorateur ou un chef opérateur : « Je te veux dans mon prochain film. »
• Une case où Fassbinder, derrière la caméra, lance un « Merci ! ».
• Puis Fassbinder déclarant à ses amis : « Pour le prochain film, je veux l’Ours d’Or. »
Et cela se répète pendant près de 150 pages, en dehors d’une vingtaine de pages initiales consacrées à son enfance et son adolescence. On devine que le scénariste a voulu reproduire le rythme effréné de sa carrière, mais cette accélération permanente ne rend finalement pas justice au cinéaste.
Un lecteur néophyte pourrait même en conclure que Fassbinder bâclait ses films, alors que c’est tout le contraire. Il aurait été bien plus pertinent de se concentrer sur une période précise de sa vie et de l’explorer en profondeur sur 200 pages, plutôt que de survoler toute sa filmographie.
Le dessin, par ailleurs, n’aide pas non plus : les visages manquent de lisibilité, au point qu’il m’est parfois arrivé de ne même plus reconnaître Fassbinder.
Au final, une BD vraiment décevante.