Faux frères ne constitue sans doute pas le sommet de la série. Matz livre un récit assez linéaire, qui expédie ses principaux enjeux sans véritable surprise ni montée dramatique. L'intrigue manque d'épaisseur et laisse parfois l'impression d'avoir été menée un peu trop rapidement. Pourtant, l'album demeure agréable à parcourir grâce au talent de Philippe Xavier. Son dessin réaliste, toujours aussi précis et élégant, restitue avec une remarquable justesse les paysages sud-américains, les ambiances urbaines et la chaleur des décors.
Plus encore que son héros, c'est le duo formé par Tango et Mario qui continue de faire le charme de la série, apportant humanité et complicité à une aventure finalement assez modeste. Comme souvent avec Tango, le plaisir naît moins de la force du scénario que de celui de retrouver un univers immédiatement identifiable, porté par un dessin et une atmosphère qui invitent une nouvelle fois au voyage.