Carlos Sampayo et José Muñoz ont le mérite d'avoir obtenu 2 années le grand prix d'Angoulême avec Alack Sinner.
En 1978 date à laquelle la récompense était scindée en 4 catégories (français / étranger x réaliste / comique).
Puis en 1983 pour le second tome alors que le prix réconciliait toutes les catégories.
C'était encore une époque où les séries se taillaient la part du lion (Boule et Bill, Alix, Gai Luron, Jonathan, etc.).
Alack Sinner préfigure dès 1978 l'esthétique en Noir et Blanc qui sera reprise de différentes manières par d'autres grands auteurs : Chabouté, Tardi ou Larcenet évidemment mais également ceux qui ont été primés ultérieurement au duo argentin tels que Schuiten & Peeters (1985), Spiegelman (1988) ou même Lloyd & Moore (1990).
C'est dire l'influence fondamentale de cette BD qui aura trouver une petite sœur avec Le Bar à Joe.
Mais hélas pas beaucoup plus les 2 auteurs ayant du mal à se défaire d'un style très daté.
On y retrouve pourtant avec délice l'humeur à la fois sombre et badine des polars américains des années 50.
Bref une BD à redécouvrir,
qui ne laissera pas indifférente par son style
et qui aura tracé une voie réaliste depuis moult fois reprise.