Frankenstein pastel a la couleur ample des grands aplats bleu-verts. Les contours irrésolus d'un rêve fiévreux. Les motifs naïfs d'une toile de Klimt. De ce récit mainte fois adapté, David Sala tire le substrat d'un rêve. La spirale sans fin des cruautés, lâchetés, violences humaines, prenant pour cible l'innocence. Initiation d'un monstre à l'amour. Célébration des couleurs de la vie. Métaphore de la mauvaise conscience d'un père. Peut-être la plus belle version du mythe, détachée de ses oripeaux horrifiques.
J'ai parcouru le monde. J'ai traversé des forêts sombres et des rivières tumultueuses, marché à travers des plaines arides... Je me suis allongé dans l'herbe fraîche, j'ai senti l'odeur des fleurs et de la menthe sauvage... J'ai vu le soleil se lever derrière des montagnes enneigées et se coucher sur la ligne fine de l'océan. Mes mains connaissent la douceur de l'eau qui glisse entre les doigts et la pluie qui pique la peau. J'ai entendu le murmure des arbres, le grondement de l'orage et la respiration des vagues sur le rivage. La lune a éclairé mes pas et adouci mes pensées. Voyez ce paysage, quelle merveille. Nous avons vécu et nous allons disparaître, parce que nous ne sommes que poussière. Mais de la poussière d'étoiles.