Quelle tragédie que le décès de l'autrice, relativement jeune en plus.
Elle laisse derrière elle une œuvre inachevée, mais sans amertume.
L'histoire bonus qui clôture prématurément son parcours est la génèse, et cela est beau comme cela est triste.
Gisèle Alain ne parle que de petites histoires de femme à tout faire.
Il n'y a pas ou peu de fil conducteur, hormis quelques relations de personnages récurrents (attachants, en général).
Mais toutes sont impactantes et touchantes à leur façon. Certaines plus que d'autres.
Loin des malheurs de Sophie, ce sont les douceurs de Gisèle.
Sublimé par un coup de crayon absolument irréprochable et maîtrisé.
La mangaka a réussi à reproduire une France magnifique, de l'époque de grand Pagnol, mais à Paris.
Une France qu'on aurait aimé connaître, surtout comparé à aujourd'hui.
À tous les idiots heureux qui rétorqueront l'argument esseulé et abruti de "c'est une France fantasmée" : évidemment trou d'bite, et tous tes mangas préférés, ils ne fantasment pas le Japon peut-être ?
Hormis quelques œuvres seinen réalistes et dures, et donc niche, tout manga a cette qualité romancée. C'en est même l'attrait principal.
On ne peut que regretter l'absence de suite, pour dévorer ces petites histoires pétries d'un amour formidable pour la France et sa culture - en tout cas d'une époque massacrée et révolue, et sinon dévorer avec un œil tendre le délice de chaque case, tels de petits cafés gourmands posés généreusement là rien que pour nous.
Merci, Sui Kasai.