Hard Bargain de Steven S. DeKnight (scénario) et Leno Carvalho (dessin) est une bande dessinée qui mérite bien plus d'attention qu'elle n'en reçoit. Ce polar noir nous plonge à Los Angeles en 1940, ville non pas lumineuse mais pluvieuse et noir, dans la plus pure tradition du genre hardboiled. Mais ici, à l'image d'un Hellblazer, l'univers s'autorise une incursion marquée dans le fantastique : démons, sorciers, faucheuse… L'occulte est pleinement assumé et intégré au monde diégétique.
On suit un détective privé typique du genre — fatigué, hanté, violent mais loyal — embarqué dans une enquête mêlant meurtres sordides et secrets personnels. Si les codes sont respectés (archétypes, dialogues tranchants, femmes fatales et nuits pluvieuses), Hard Bargain propose un vrai hommage au genre grâce à une sincérité d'écriture et un sens du rythme bien dosé. le scénario, sans révolutionner quoi que ce soit, reste haletant et maîtrisé, entre action, tension et révélations. L'ambiance évoque autant le cinéma noir classique que des comics des récits sombres de super-héros comme Batman.
Graphiquement, Leno Carvalho livre un travail de qualité, très dynamique, très cinématographie et collant parfaitement à l'ambiance souhaité. Certaines cases sont particulièrement marquantes.
Ce comics coche donc toutes les cases du polar noir avec brio. Sans prétendre réinventer le genre, il réussit pleinement ce qu'il entreprend : offrir un one-shot sombre, élégant, stylisé et captivant, porté par une ambiance maîtrisée, un dessin soigné et une intrigue prenante. J'ai vraiment adoré cette lecture, et je la recommande sans hésiter à tous les amateurs de polar noir, surtout ceux qui aiment y voir rôder les ombres du surnaturel.