Un souffle très dans l'air du temps sur un héros de l'antiquité
! ATTENTION ! JE ME BASE SUR LES 2 TOMES DE LA SÉRIE
Qui ne le connait pas ? Encore porté à l'écran récemment avec peu de succès, Héraklès est un monument de la mythologie. Peu mis en scène en bande dessinée (il y a bien le personnage du couple Sfar/Blain), son histoire est généralement limitée à celle des 12 travaux.
Le début du récit est d'ailleurs sobre, car c'est par ces 12 travaux qu'on commence, mais très vite on s'aperçoit qu'il n'y limite pas, de nombreux petits évènements qu'on ne trouve généralement que dans un dictionnaire de mythologie viennent s'y greffer. On voit des rappels à son adolescence, des personnages comme Abderos ou Pylios, on verra par la suite que l'aventure continue : le concours de tir à l'arc pour la main d'Iolè et l'épisode d'Iphitos, les Argonautes...Il y a aussi des interprétations de certains épisodes, mais qui s'intègrent très bien au tableau final.
Le côté très bourru de ce Héraklès est voulu, en même temps il est comme ça. Cependant l'auteur nous dresse un portrait très vivant du héros : il est tour à tour drôle, sérieux, dramatique, inconscient...il n'y a pas matière à s'ennuyer ! D'autant que l'album a un humour décalé, ce qui me plaît particulièrement.
Côté dessin, le style crayonné/hachuré et aplats de couleurs ne plaira pas à tout le monde ; pour ma part, je trouve qu'il remplit bien son office, dès le début avec la première de couverture. Le dessin est très efficace dans les scènes d'action/violence, fouillé dans les paysages (joli défilé avec la biche de Cérynie), et une palette de couleurs chaudes très agréables. Malgré tout, les planches sont inégales question finition, certaines bien plus abouties que d'autres, et parfois donnent un sentiment de vide, on passe vite dessus.
L'immersion dans l'univers de la Grèce antique est réussie : par la rigueur historique relativement respectée (on continue à l'appeler Alcide un bon moment car il reçoit son nom vers la fin des travaux), ce parti pris se reflète jusque dans la police d'écriture, volontairement de style grec.
Les annexes en fin de volume sont un plus : une carte illustrant les voyages du héros et une biographie très succincte des personnages croisés ; elles sont peu conséquentes mais c'est dans le but de ne pas nous étouffer ; et si on veut tout savoir sur toutes les références, on se plonge dans un précis de mythologie.
Au final, une adaptation de l'histoire réussie, un parti pris dans le dessin très hachuré, des couleurs tour à tour vives ou froides (la page d'arrivée dans l'Enfer dans le tome 2, belle réussite), des tomes généreux en pages...
A quand la suite ?