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Visuellement, Home Sick Pilots impose immédiatement son style. Le travail de Caspar Wijngaard sur le dessin et son utilisation des palettes fluo, très marquées années 90, est impressionnant. L'esthétique est léchée, le découpage a du peps, et le livre en lui-même est un bel objet qu'on a envie d'aimer. Malheureusement, la séduction s'arrête là où l'écriture commence.
Le principal défaut de l'album réside dans sa gestion du rythme et son incapacité à installer une vraie tension. Dès les premières pages, la maison hantée absorbe l'héroïne principale. Cette précipitation désamorce d'emblée toute dimension horrifique : sans une montée progressive du malaise et sans avoir pris le temps de faire exister ses personnages, la scène tombe à plat. Il est difficile d'éprouver de la peur ou de la compassion pour des protagonistes que l'on commence à peine à apercevoir, et leur sort finit par laisser totalement indifférent.
Ce problème d'incarnation se retrouve dans le traitement du contexte. Le côté « groupe de punk » vanté par le pitch n'est qu'un décorum de surface : qu'il s'agisse de musiciens rock ou d'un club d'accordéon, l'histoire se déroulerait exactement de la même manière, tant cette identité n'irrigue ni les dialogues ni la structure du récit.
Enfin, la proposition initiale dérive très vite vers une toute autre mécanique. L'angoisse de la maison hantée s'efface au profit d'une structure très linéaire à base de quêtes d'objets sacrés et d'affrontements gigantesques façon mecha ou Pacific Rim. Ces combats de structures hantées, s'ils permettent de belles envolées graphiques, deviennent rapidement répétitifs et accentuent l'impression d'assister à une surenchère visuelle vidée de ses enjeux humains.
C'est un travail plastique indéniable, mais qui souffre d'un scénario trop mécanique et d'un manque d'ancrage émotionnel pour captiver sur la durée.
Créée
le 16 sept. 2026
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