"Ecrit et mise pas en scène par Nicolas Petrimaux", voici ce qu'on peut lire à la 11ème page, comme si les pages précédentes étaient l'introduction d'un film qu'on s’apprête à voir.
L'auteur pousse même le vice jusqu'à faire un générique de fin, avec plusieurs noms affichés bien en évidence comme s'il s'agissait d'un film, contrairement au simple "écrit par..." et "dessiné par...".


Évidemment le coté sud-ouest des Etats-unis et l'ambiance qui s'en dégage ne sont pas sans rappeler l'univers de Tarantino, gnagna tout le monde l'a déjà dit, mais aussi Robert Rodriguez pour le coté cartel Mexicain, gnagna pas très original de dire ça, mais il faut aussi citer Breaking bad pour l'aspect "vie de tout les jours" qui rencontre le milieu des méchants gangsters, tout ça incarné en une seul personne, Jacques Ramirez, réparateur d'aspirateur et en même temps pro de la gâchette (elle est con cette expression).
Une fois qu'on a dit ça, on a pas dit grand chose mais il fallait le dire quand même, car il est évident que Petrimaux a voulu rendre hommage à tout ça, à des États-Unis fantasmés, tel qu'on les connait à travers les films de gangsters fun et décomplexés.
Ceci dit Petrimaux a du talent et cette BD possède moult qualités.


D'abord il faut parler de la "mise en page" qui est absolument impeccable.
On est pas sur un simple gaufrier (3 cases par 3 par exemple) mais plutôt sur une gestion des cases très vivantes et dynamique tout en restant très agréable à lire. Ainsi on peut avoir un dessin qui prend une page entière (voire les deux pages) avec quelques cases insérées dans l'image qui se focalisent sur un point précis (zoom sur un journal par exemple). On peut même trouver des personnages sans case, posés à même le fond blanc de la page.
Également, et là c'est du génie, le sens de lecture des bulles peut parfois se faire de droite à gauche, tout naturellement, parfois en attachant les bulles entre elles. C'est parfois un peu perturbant, on se dit "euh, je dois lire ça d'abord?" , et effectivement, ça marche! C'est très intuitif.
A noter d'ailleurs que le dessin n'est jamais noyé sous le texte, l'essentiel des informations nous sont révélées, sans dialogues superflus.
Certaines pages seront dédiées à afficher des fausses pubs, ce qui aura pour effet de nous immerger encore d'avantage dans cet ambiance amerloque, pays noyé par les pubs, qui font parties de leur folklore. C'est en tout cas une super idée qui participe au coté décalé de l'ensemble.


Ensuite graphiquement, on est sur du très bons travail:
-Les scènes d'action sont jouissives, dynamiques et clairs...
-Les décors ont de la gueule... On a presque l'impression d'être sur un travail documentaire tant ils semblent authentiques.
-Les personnages semblent vivants, on a pas de mal à leur imaginer une histoire.


Si on devait chipoter, on dirait peut-être que le travail sur les couleurs ne fait pas très artisanal et n'est pas sans rappeler les écrans de chargements du jeu vidéo GTA, qui n'est pas un mauvais jeu, mais disons que l'aspect numérique des couleurs ne rend l'ensemble très chaleureux pour une bande-dessinée.


Mais ne boudons pas notre plaisir, le résultat final est de grande qualité, la lecture se fait avec grand plaisir et donne envie de lire la suite!

FelixMarret
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le 4 févr. 2021

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Felix Marret

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