Esthétiquement impressionnant, à la fois minimaliste (L'expression des visages) et très graphique (Autour des couleurs Rouge Vert Bleu qu'on retrouve dans un traitement numérique de l'image), L'immatériel de Jérôme Dubois tend parfois vers l'abstraction, comme si le récit se dématérialisait et les personnages se dissolvaient dans une réalité instable.
Car il est ici question à la fois de (post)modernité et de surnaturel. L'immatériel est une histoire de fantômes revisitée où les personnages se débattent avec leurs phobies sociales et tentent de recréer du lien humain comme ils le peuvent. Certains y parviennent, surnagent au forceps, tentent de tenir la tête hors de l'eau. D'autres sombrent, coulent et disparaissent peu à peu...
Jérôme Dubois livre une véritable œuvre contemporaine à la fois inquiétante et empathique qui parle de nos sociétés. Un récit qui hante durablement.