Ca y est, je crois que je commence à être saoulé des BDs féministes de ce genre. Ou peut-être que c'est juste Impénétrable qui est mauvaise parce qu'elle se complait dans le schéma trop canonique de ces BDs qu'on a déjà vu beaucoup trop de fois. Et ainsi elle reproduit ces codes qu'on pourrait résumer de la façon suivante :
- Une autobiographie (d'une héroïne dessinatrice de BD donc)
- Où l'héroïne a un problème dans sa vie sexuelle et/ou amoureuse, à cause du patriarcat
- On la voit souffrir à cause de ça et puis tout d'un coup ho ! Miracle ! Elle découvre que son problème a un nom
- S'ensuit une sorte de quête initiatique pour déconstruire ses préjugés
- Mais pas trop vite quand même, parce qu'on est chez des intellos, donc on prend bien le temps de se dire que c'est lent et tout et qu'il faut beaucoup réfléchir et se renseigner et que pfff, tu comprends c'est dur de détruire un système et tout. "En parler c'est déjà bien" comme ils aiment tant dire.
- Le tout servant de petit tuto féministe pour les lecteurs/trices ce qui permet de qualifier la BD comme "politique" alors que c'est le starter pack du féminisme
- Avec beaucoup de métaphores graphiques, notamment au moins une métaphore filée tout au long de l'album (un arbre qui pousse, un bâtiment qui se construit ou comme ici, une meuf qui cherche son chemin)
- Et tout est bien qui finit bien
Bref, on est dans un mythe du héros (ou plutôt de l'héroïne) on ne peut plus classique au final. Ca sent quand même le produit bien calibré, fait pour que les ptits bloggers disent que c'est une BD "importante", mais comme d'habitude, trop calibré signifie un manque d'âme.
Cette BD est particulièrement inélégante en étant toujours dans le mélodrame, il faut que les personnages s'excusent en se pleurant dans les bras et en se balancant des punchlines de films américains. Pour une auto-biographie, je n'y crois pas une seule seconde, j'ai plutôt envie de voir des moments qui prennent leur temps, qui me font ressentir les petites situations et comment le patriarcat va vicier tous ces moments. Les Coeurs Insolents pourrait un bon exemple.
Ou bien il faut nous amener vers quelque chose de complètement différent, comme En Territoire Ennemi qui nous plonge dans une sorte de spirale infernale. Ca nous change des happy end obligatoire dans les BDs informatives voire moralisatrice comme Impénétrable.
Il y a tout de même quelques bons points à sauver, notamment certaines bonnes idées de mise en scène (je retiens le moment où elle lit un livre, ce qui lui inspire des bulles de pensée qu'elle escalade : la lecture élève son esprit) et puis toute la partie romance à Berlin qui arrive justement à faire monter la tension et l'émotion car c'est justement la seule partie qui choisit de prendre son temps, bien que j'aurais voulu que ça dure 50 pages de plus.
Ah et aussi, je suis le seul à trouver que son mec est un vrai connard ? En fait je trouve ça plutôt cool qu'elle cherche à le dépeindre comme sympathique mais moi vu les situations qu'elle présente, il finit par me paraître juste être un gros con. Ca c'est un point que j'aime bien au final, ça créé une sorte d'ambiguïté sur ce personnage où on s'imagine qu'il est probablement sympa, mais le cadrage de la BD en fait un personnage antipathique.
Bref, à part ça rien de foufou.