Plus court que le précédent, ce second volet est un récit de transition. L’auteur tente de se remettre de sa rupture avec Stéphane. Il nous confie ses états d’âme sur une multitude de sujets, évoque sa solitude et son désir irréfréné des hommes bien charpentés, lui, le type au « corps mort » en dehors des rares moments de baise.
Fabrice Neaud y retrace également les débuts de sa collaboration avec Loïc Néhou, admirable fondateur d’« Ego comme X », qui débouchera quelques années plus tard sur la sortie du « Journal » ici présent. Vers la fin, les plus observateurs pourront apercevoir l’image furtive de son prochain amour, Dominique, qui sera le sujet principal du volet suivant.
Cette œuvre, à mille lieues des stéréotypes sur les gays, a sans conteste permis à l’auteur de toucher un public plus large que la seule frange LGBT, qui n’est pas bêtement glorifiée ici. Les textes, empreint d’une lucidité très aiguisée et forcément peu optimistes, sont excellents, traduisant une réflexion très pointue sur l’état de nos sociétés et plus largement sur la nature humaine.
A l’issue de cette chronique, il me paraît inutile de préciser qu’il serait dommage de passer à côté – en tout cas pour ceux qui comme moi l’auraient manqué lors de sa première sortie – de cette œuvre impressionnante. En revanche, il me semble absolument indispensable d’insister sur la nécessité de la découvrir, voire la redécouvrir ! En conclusion, je ne peux que cautionner les propos de l’éditeur qui présente le livre comme « la plus grande œuvre autobiographique de la bande dessinée française ».