Je lis Jujutsu Kaisen Modulo en ce moment et, très honnêtement, je prends un plaisir inattendu. D’abord grâce au trait de Yuji, le dessinateur (clin d’œil amusant, il porte le même prénom que l’ancien protagoniste) dont la direction artistique évoque un shōnen très 90s, nerveux et expressif, tout en respectant les standards modernes en matière de détails, de lisibilité et de profondeur visuelle. C’est rétro sans être paresseux, moderne sans être lisse.
Sur les treize premiers chapitres, beaucoup des gros points noirs que je reprochais à Jujutsu Kaisen sont clairement gommés :
pas de surcomplication du système de force, pas de surexplicitation des combats. Les affrontements respirent, se lisent bien, et la narration fait confiance au lecteur: ce qui change tout.
Côté scénario, Gege Akutami reste aux commandes, et ça se sent dans la cohérence globale et la maîtrise des thèmes. On découvre un roster d’aliens extrêmement charismatiques, accompagnés d’un lore dense et réfléchi, qui enrichit intelligemment l’œuvre originale. Le manga aborde frontalement, même si ça reste en surface, des problématiques fortes: exil, ségrégation, déportation, racisme, difficulté d’intégration en terre étrangère. Et sans lourdeur, avec une vraie résonance contemporaine.
Ajoutons à cela de nouveaux Zen’in intrigants, ainsi que le retour de personnages de l’œuvre originale, tous mis en scène avec un vrai sens du timing et du respect du matériau de base.
Oui, ça peut évoquer Dandadan de loin… mais ce serait très réducteur. Modulo a sa propre identité, plus posée, plus politique, et étonnamment complémentaire de JJK.
Le Shōnen Jump évoque une série relativement courte (une huitaine de tomes) et franchement, si la qualité reste à ce niveau, j’ai très hâte d’en voir la conclusion.
Un spin-off qui ne cherche pas à surenchérir, mais à . Et ça, c’est suffisamment rare pour être salué.