Soule, aussi inconstant soit-il, est un scénariste assez sincère dans son écriture et il met du cœur dans ses œuvres. J'aime son Daredevil sur lequel il n'a cessé d'apporter des idées neuves de tome en tome, choix plus que louable pour un DD où on l'on pensait avoir tout fait tant le personnage a su enchainer les runs intéressants depuis Gene Colan. J'ai l'impression qu'il y a eu pourtant un certain désamour envers son Daredevil, je ne me l'explique pas vraiment.
Dans ce tome, il propose une étape capitale pour les pistes qui avaient lancées son run: dans un premier temps, son plan pour faire tomber les criminels de NY tels que permis par le regain de son identité secrète. Un duel judiciaire s'amorce, et Soule fait parler sereinement son expertise juridique pour nous faire plonger dans les étrangetés du système pénal américain. Il utilise Miss Hulk avec beaucoup de doigté, Foggy avec respect et oppose à notre héros la figure imposante et tapie dans l'ombre du caïd. Je regretterai des dessins moches, chose énervante pour une série qui était graphiquement au top avec Garney sur des albums précédents ; je regretterai également la représentation du débat face à la cour suprême sous forme de bagarre quand une vrai scène de procès était plus pertinente à mon sens [par exemple le discours de Civil War #0 par Jen était un super souvenir, bon en même temps c'était Coipel au dessin ça aide] mais dans l'ensemble le tout était bon.
Dans un second temps, petit arc en Chine pour renouer avec Blindspot. Il y avait du bon, toutefois on trouve ici plus de lacunes dont certaines habituelles de Soule. Peu importe, le tome reste une autre réussite dans ce run de Soule et le teasing pour Mayor Fisk (la scène tellement classe de Secret Empire, le petit clin d'œil à la fin du présent album…) donne envie de se lancer dans la suite.