Shôjo ou shônen ? Difficile de ranger Karneval dans une catégorie précise. Disons donc que c'est un shonen pour filles dans la lignée de 07-Ghost... Pourquoi ? Commençons par ses héros très bishonen, à l'esthétique extrêmement travaillée et fashion, comme savent le faire les mangakas japonaises. Tous les personnages masculins –sans exception- sont grands, minces et d'irréductibles poseurs. Ensuite, les nombreuses tentatives de kawaïser le jeune héros sont comme autant de perches tendues aux lectrices qui fondront pour le petit blondinet aux grands yeux, autant que pour Gareki, Shigo et Hirato et leur dégaine de chanteurs de visual-kei. Mais ces détails n'enlèvent rien à la beauté du trait de Touya Mikanagi, dont chacunes des planches est un régal de finesse, qui raviront forcément les fans de shôjo. Pour les héros virils, musclés, et la testostérone façon Gears of War, il faudra repasser...
Coté scénario, Touya Mikanagi se perd quelque peu dans un univers qu'elle semble mal maîtriser et qui ne paraît pas assez réfléchi. Le premier tome, censé placer les bases de cet univers reste vraiment confus, pour peu que l'on tente de comprendre réellement qui fait quoi et comment. Qu'est-ce que Circus ? Qui sont les vrais ennemis de Nai et Gareki ? Et la police dans tout ça ? Bref : c'est un vrai casse-tête. Le tome 2 prend cependant plus son temps, et –surement en raison de LA révélation qui est faites dès ses premières pages- relève d'un coup l'intérêt du manga.
Les héros de Karneval restent attachants malgré tout, même si il vous restera difficile de ne pas avoir envie de filer deux paires de claques à Nai, avant le début du deuxième volume de cette série et que l'on nous explique les raisons de sa naïveté sans borne...Quoique.
Entre science-fiction, fantastique et aventure fantasy, Karneval reste un manga à découvrir...