Kid Paddle
6.7
Kid Paddle

BD franco-belge de Midam (1996)

Kid Paddle, c’est la série de BD que je lisais étant gamin, à table, mes parents pestant pour que je me concentre un peu plus sur mon assiette que sur les mésaventures du petit accro au gore à casquette. C’est aussi la série de BD que mon père achetait, sur les braderies, qu’il lisait discrètement avec son café au petit matin, lui remémorant sûrement ses parties de PlayStation de la veille au soir (lui qui refusait que j’ai une Play, il a dégommé les Tomb Raider, les Résident Evil, les Doom, les Silent Hill, et j’en passe…).


Kid Paddle, je sais pas trop à qui ça parle, en fait.

Un peu à moi, à peu à vous peut-être…


Quoi qu’il en soit, Midam a réussi à immortaliser l’image de son Joueur 1 de manière indélébile dans le paysage de la BD franco-belge, et ça, ça mérite le respect.


Midam n’y connaît rien en jeux-vidéos. C’est d’ailleurs pour ça que cette série est si unique, elle semble, au fil des décennies, coincée entre deux époques ; celle des bornes d’arcade et d’une modernité bien trop peu exploitée dans les derniers tomes. Ce qui, à mon sens, génère un effet assez « nostaltriste » chez les lecteurs de la première heure… Le monde évolue, les mœurs aussi, mais la série finit par s’essouffler progressivement, rendant les gags certes amusants, mais un peu redondants. Attention, le principe de Kid Paddle repose sur le running gag (le barbare, le guichetier, les rêves de Kid, Mirador, Cindy la poupée, etc…), mais au vu de l’évolution de la technologie et de l’univers vidéoludique, je trouve dommage que Kid Paddle n’ait pas su s’ancrer un peu plus dans son temps - les nouveaux jeux tendance chez les gosses regorgent d’idées de scenarii !


Maintenant, Kid Paddle, c’est une série de BD qui me fera toujours sourire un peu béatement, non pas pour ses chutes, mais… pour le contraste qu’elle offre entre pas mal de personnages. Entendons-nous bien, Kid est drôle. Il aime le gore, le sanglant, le dégueu’, le cradingue et la violence, mais c’est surtout le père, qui me fait rire (dans la dizaine de premiers tomes surtout) ! J’adore littéralement son désarroi face à son fils, mais aussi et surtout sa profonde gentillesse, sa naïveté, son côté terriblement banal. Mais encore plus, le fait qu’il cherche toujours à faire plaisir à ses deux gosses. Même grimaçant, il n’hésitera jamais à offrir à son fils le Sergent Dégueulis Sulfurique en figurine.


Je me suis toujours attaché également au personnage de Horace. J’aime ce gamin candide, éternelle victime de tout le monde, fan de Rikiki le canard (en gros, un comic relief), mais qui malgré plus de 20 tomes, est toujours accepté parmi ses deux amis. Il est lui-même, et ça fonctionne entre eux, même dans les opérations les plus délicates de Cindy la poupée.


Et je dois dire que la sœur de Kid, Carole, a toujours eu également une place de choix dans mon cœur en raison de son intellect et de la délicatesse de son phrasé. Bon, sur les derniers tomes, j’aurais aimé qu’elle conserve son amour des études plus que des poupées influenceuses, mais le contraste avec son frère est souvent très bien amené. La relation qu’elle a avec son père est particulièrement émouvante, je trouve, ils sont victimes et complices à la fois, la gamine représentant la voix de la sagesse d’une maman désespérément absente pour le trio.


Parlons enfin du petit barbare, alter-égo de Kid, qui n’arrivera jamais à finir son niveau. Son importance est telle qu’il aura son propre spin-off. Ce petit personnage peu expressif m’a toujours intrigué, car il semble refléter bien souvent la psyché du joueur (Kid) ; éclaté, coupé en deux, écrasé, brûlé à l’acide, écartelé, ou réduit en bouillie… Tout comme Kid l’est lui-même, évoluant dans un niveau qu’est la vie, dont les règles ne sont pas toujours celles qu’il peut comprendre (Midam et les jeux-vidéos ?).


J’aurais aimé que certains personnages aient une réelle évolution, comme Max ou Zara. Il est bien trop évident qu’entre la petite gothique et la jeune bimbo, Kid a fait son choix depuis longtemps, mais… pourquoi passer cela à la trappe ? L’une comme l’autre sont des princesses du petit barbare, et il aurait été ingénieux, je trouve, de les développer un minimum.


Maintenant, même si les cinq ou six derniers albums me déçoivent parce que j’ai vieilli et que la série en a fait de même, Kid Paddle gardera toujours une place de choix dans mes souvenirs d’ancien gosse gamer devenu papa qui n’a plus le temps de jouer…


Papa dont j’espère être aussi bon que celui de Kid pour lui faire lire un jour les aventures d’un banal jeune fan de jeux-vidéos à casquette !


… avec un café, si possible.

Le-Dank
6
Écrit par

Créée

le 26 janv. 2026

Critique lue 2 fois

Le Dank

Écrit par

Critique lue 2 fois

D'autres avis sur Kid Paddle

Kid Paddle

Kid Paddle

6

Le-Dank

180 critiques

« Blork ! »

Kid Paddle, c’est la série de BD que je lisais étant gamin, à table, mes parents pestant pour que je me concentre un peu plus sur mon assiette que sur les mésaventures du petit accro au gore à...

le 26 janv. 2026

Kid Paddle

Kid Paddle

9

oc12

60 critiques

BUTTONS DES BLORKS !

Aaaaah.. KID PADDLE! Si y’a bien une série que je kiffe en terme de BD c’est celle ci. Je suis une fan de jeux-vidéos depuis que j’ai l’âge de tenir une manette! Et l’humour trash et débile ça me...

le 25 févr. 2021

Du même critique

Le Cinéma de Durendal

Le Cinéma de Durendal

8

Le-Dank

180 critiques

Dur dur...

Voilà bien des années que je suis un fervent spectateur du Cinéma de Durendal et que je me sens chaque fois un peu plus offusqué de la violence des réactions qu'il suscite... Plusieurs raisons à cela...

le 12 févr. 2020

Une époque formidable...

Une époque formidable...

7

Le-Dank

180 critiques

Quelque chose a t-il changé ?

Y'a pas à dire, Jugnot, c'est quand même un sacré p'tit mec. Au-delà de sa filmographie comique et populaire, ses satyres sociales m'ont toujours beaucoup plu. Son physique et son oeil lui donnent...

le 9 févr. 2020

Jojo Rabbit

Jojo Rabbit

9

Le-Dank

180 critiques

Moi Jojo, 10 ans ½, 1m39

Je ne connaissais pas encore le travail de Taika Waititi. C'est maintenant chose faite. Quel film subtil ! Jouant habilement entre feel good movie et drame, Jojo Rabbit est un petit ovni qui arrive...

le 8 févr. 2020