Kodhja
7.3
Kodhja

BD (divers) de Thomas Scotto et Régis Lejonc (2015)

Le garçon arrive devant les remparts de Kodhja. Il franchit la lourde porte et s’avance. Un enfant à la voix grinçante l’accueille. Le garçon lui explique qu’il est là pour voir le roi, seule personne à même de répondre à ses questions. L’enfant lui répond qu’il veut bien l’accompagner mais que le chemin sera long car « Kodhja est un vrai casse-tête ». Ensemble, ils commencent alors un voyage étrange au cœur d’un improbable labyrinthe.


J’ai donc suivi les pas du garçon et de l’enfant. Avec eux j’ai monté d’immenses escaliers, découvert trois curieuses personnes assises dans un renfoncement, longé des rues étroites, admiré une majestueuse fontaine et « la façade de granit d’une maison immense et sans porte ». Je suis tombé dans un trou, j’ai mis fin à une dispute, j’ai vu des créatures hideuses et traversé un champ de cailloux avant d’arriver enfin face à la tour du roi.


J’ai retrouvé dans cet album l’esprit des ouvrages de Mélanie Rutten. Un propos qui peut apparaître au premier abord obscur mais qui se révèle au final d’une totale limpidité. Un livre qui se mérite, où le lecteur est acteur, où il doit en permanence être actif, donner du sens. Un récit initiatique bourré d’implicite et ouvert aux multiples interprétations pour les jeunes lecteurs, c’est rare et précieux. Kodhja, c’est un condensé d’enfance où règnent l’imagination, les hésitations, la colère, les chagrins, les souvenirs, la mémoire. Kodhja, c’est autant d’épreuves à franchir pour continuer sereinement sa route, pour ajouter une nouvelle pierre à notre édifice et « apprendre le reste de la vie ».


Rarement texte et dessins auront dégagé une telle osmose, ne cessant de se répondre, de se compléter, de se sublimer. Le trait de Régis Lejonc me fascine depuis ma découverte du Phare des sirènes. Une impression confirmée avec La promesse de l’ogre et renforcée ici, où le format XXL magnifie chaque illustration. Entre ombre et lumière, couleurs chaudes et douces, illustrations pleine page et gaufrier de petites cases, le voyage graphique se révèle d’une infinie richesse.


Exigeant, poétique et profond. Sublime, quoi.

jerome60
8
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le 7 déc. 2016

Critique lue 207 fois

jerome60

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