L’autoroute du soleil, Baru, Casterman
Karim est un séducteur, il plaît aux femmes et il les séduit toutes. Jusqu’au jour où il est surpris par le mari de l’une d’elle, un cadre de l’Élan National, parti de l’extrême droite, promis à un bel avenir. Le cocu n’apprécie pas l’infidélité et son seul objectif sera de poursuivre Karim qui a fui avec son pote Alexandre.
Écrit il y a trente ans, cette réédition est une excellente idée tant l’ouvrage n’ a rien perdu de sa puissance et de son rythme. En ces heures où l’extrême droite est très haute, où ses idées sont très largement installées en France, reprises par des partis à la base moins extrémistes mais qui le deviennent par opportunisme, il tombe à pic.
La haine des membres du parti notamment celle de l’étranger, de l’Arabe pour être plus précis, est diablement bien dessinée et ce thème perdure dans les propos de certains membres et électeurs de l’extrême droite actuelle.
Outre cet aspect, le roman graphique est passionnant, le rythme effréné, haletant et les rencontres que font les deux garçons leur réservent quelques bonnes et moins bonnes surprises, entre aide et trahisons. Baru met en scène des petites gens, des gens que l’on croise tous les jours, qui bossent, galèrent face aux gros cons qu’ils croisent.
J’avoue avoir été bluffé parce que les BD écrites dans les années 1990 n’ont pas toutes bien vieilli, ce qui n’est pas le cas de celle-ci. Franchement, ne pas la (re)lire serait une grosse erreur.