L’occupation des sols, Guy Delisle, Gallimard (d’après l’œuvre de Jean Echenoz)
Fabre et Paul, son fils, perdent tout lorsque leur femme et mère meurt dans l’incendie de leur maison. Pas facile de s’en remettre lorsque tous les souvenirs sont partis en fumée. Nonobstant il reste un portrait d’elle.
Guy Delisle dessine le texte intégral de Jean Echenoz et donc, pour le prix d’un livre, on a le top de roman graphique avec le top de la littérature française. Le texte est sublime, sobre, apparemment simple. Très court, il en dit beaucoup plus que certains très longs, dans la relation entre le père et le fils.
Le dessin est du même acabit, sobre et simple, blanc et bleu lavande, libre. Différents points de vue de la ville et de ses immeubles, de Fabre et de Paul. Il appuie la difficulté relationnelle entre les deux hommes le veuf et l’orphelin, chacun vivant le deuil avec cet unique souvenir comme il le peut. Et il y a l’absence de la femme, de la mère. Celle qui liait.
Il montre également la ville qui change, qui construit, profitant de chaque espace, grignotant les souvenirs des plus anciens.
Lorsqu’on est submergé d’images, de sons, de mots, cela fait du bien de lire ce genre d’ouvrage en peu de mots et de dessins va à l’essentiel.