La Bibliothécaire d'Auschwitz tente de mettre en image l'innommable du camp d'Auschwitz tout en s'adressant au plus grand nombre.
Le pari du duo espagnol est osé car il est compliqué de traduire l'horreur tout en étant didactique :
- les dessins conservent une forme assez classique : des traits nets et des graphismes qui applanissent décors et visages ;
- la narration est linéaire et finalement assez globalisante malgré une histoire constituée d'une succession de "tranches de vie".
C'est peut-être ici que le bas blesse : le parti pris d'éducation pour le plus grand nombre au dilue la couleur de l'horreur et rend la lecture imperméable à l'émotion.
Les charniers n'en sont pas vraiment, les visages cadavériques non plus.
Une oeuvre destinée donc aux (pré)adolescents comme aux adultes.
Mais qui n'aborde pas vraiment le sujet de fond : l'horreur de l'humanité et sa profonde résilience.