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BD franco-belge de Robin Cousin, Grégory Jarry et Lucie Castel (2025)
Changement de décor pour le second épisode de ce triptyque de SF atypique : désormais, la quasi-totalité du récit se déroule sur la surface lunaire, dans la forêt artificielle édifiée par Aleksander, l’ingénieur controversé de l’équipe, le but étant de préserver la vie sur Terre menacée d’extinction en produisant suffisamment d’énergie pour alimenter des dépollueurs.
Ce deuxième volet d’« Avaler la Lune » permet aux auteurs de développer leur univers singulier, avec une profusion d’éléments scénaristiques innovants et de trouvailles graphiques. Nous avions déjà fait connaissance l’exotérus dans le tome 1, cette drôle de machine qui permet de se déplacer très facilement dans un environnement hostile tout en restant à l’abri dans un aquarium. Cette fois, c’est dans cette fameuse forêt lunaire que les personnages vont évoluer, une forêt capable de se développer très vite grâce à une « super plante » modifiée à partir de corail, d’algues et de lichen. Les humains qui n’ont vécu que sur la Lune sont quant à eux très différents de l’espèce terrestre. Ce sont littéralement des mutants, des géants aux membres surdimensionnés dont le visage est envahi partiellement par le corail dont ils se nourrissent… La coutume veut que quand ils sentent l’heure de leur mort approcher, ils « se plantent » dans la terre pour entamer une seconde vie en fusionnant avec le « végétal » lunaire, favorisant ainsi l’érection de la canopée protectrice…
Visuellement, c’est assez bluffant. Lucie Castel a créé un vocabulaire visuel en s’appuyant sur la beauté poétique des coraux pour laisser libre cours à son imagination et créer sa jungle sélénite. On reste admiratif devant cette infinité de formes associées à des couleurs recherchées, que seuls permettent les outils numériques, pour un résultat très moderne, tout à fait étonnant. Léger bémol à cela, la lisibilité du récit souffre de quelques inconvénients liés à un trait un rien minimaliste : des tonalités parfois un peu sombres qui maltraitent l’œil pour distinguer certains détails, des visages un peu sommaires qui compliquent parfois la reconnaissance des personnages, et un découpage des scènes d’action pas toujours très fluide.
Quant au scénario, s’il reste cohérent, il aurait peut-être mérité d’être élagué. Certaines digressions et dialogues n’apportent pas grand-chose à l’histoire, à moins d’accepter l’adjonction d’une dose de psychologie (cf. les rapports tendus entre Agafia et sa mère Paloma) dans ce récit d’aventure sur fond de catastrophe écologique. Malgré tout, Grégory Jarry et Robin Cousin ont su insuffler suffisamment de tension dans la narration pour nous donner envie de découvrir le dernier volet, prévue l’an prochain, ce qui permettra de se faire une idée définitive.
Créée
le 13 nov. 2025
Critique lue 5 fois
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