J'étais tombé amoureux du roman graphique Malaterre, il fallait donc que je m'attelle à d'autres œuvres de Pierre-Henry Gomont. La Fuite du Cerveau s'inspire très librement du vol du cerveau d'Albert Einstein par Thomas Harvey. Les différences avec les événements réels sont nombreuses, notamment le fait que dans le monde réel, une version du père de la relativité, au crâne ouvert et mystérieusement ressuscité, n'a pas suivi Harvey.
Il s'agit donc d'un roman graphique beaucoup plus loufoque et moins personnel que ne l'est Malaterre. Loufoque, mais pas particulièrement drôle. Je ne me suis jamais senti vraiment embarquée par cette histoire, qui manque de rythme et surtout de structure. Il y a un début et une fin, on ne voit pas bien vers quoi on va entre ces deux parties. Si je me permets d'être sévère, ça m'est un peu tombé des mains par moments.
Le style graphique est très proche de celui de Malaterre, avec des dessins volontairement bruts mais très dynamiques. Gomont est très créatif dans la façon dont ses images s'intègrent à la narration, et c'est encore le cas ici. Les couleurs nuancées, appliquées au fusain, sont très belles, mais dans une palette plus froide que celle utilisée pour la jungle de Malaterre. J'ai l'impression que les tons plus chauds s'accordent mieux avec les dessins de Gomont.
La Fuite des Cerveaux n'est certainement pas un mauvais roman graphique, mais je ne peux pas dire que je l'ai beaucoup apprécié. Je suppose que mes attentes très hautes sont en partie à blâmer, mais il est juste de dire qu'une structure plus aboutie aurait profité au récit.