Chronique complète
Extrait :
Petite bande dessinée pour changer un peu, mais aussi parce que j’ai un temps limité pour la chroniquer. Son synopsis m’avait beaucoup interpellé, forcément je suis aussi handicapée, donc je me sens un peu plus proche de la protagoniste. J’aime les titres qui parlent de ça en fait, surtout en bien évidemment. Une protagoniste ce n’est pas souvent et j’apprécie le travail fait autour de cet ouvrage, une lecture adaptée pour petits et grands.
Je remercie Babelio est sa masse critique (accessible à tous et toutes) pour l’envoi de cet ouvrage.
Pour une fois, j’aurais craqué pour le titre même si je ne l’avais pas reçu, son intrigue m’attirait vraiment tout comme son style graphique. Production espagnole par l’autrice Alba Cardona, la légende de Hakutaku reprend une légende asiatique, mais revisitée par l’autrice. Elle l’explique d’ailleurs elle-même à la fin du volume. L’histoire met en scène une jeune fille orpheline qui n’a plus que sa grand-mère, elle est destinée à devenir la prochaine cheffe du village, mais il y a un problème. Yuki est sourde de naissance, si bien qu’elle a beaucoup de mal à communiquer avec les autres, en dehors de sa grand-mère. Une part d’elle-même rêve de devenir cheffe et l’autre se dit que ça ne sera pas possible. Sans oublier que certains adultes du village n’hésitent pas à dire qu’elle est maudite et ne sont donc pas enclins à vouloir lui donner un tel poste. La pauvre fait donc yoyo dans ses émotions et les autres enfants ne font pas vraiment d’efforts non plus, puisque leurs parents ont sans doute fait passer le message. Le Hakutaku est une légende vivante dans ce titre, vu comme une entité démoniaque les villageois organise tous les ans une fête pour le faire fuir. Un grand incident à marquer le village des années auparavant, emportant les parents de Yuki au passage et cette entité était présente… Les villageois ont donc pensé qu’elle était à l’origine du problème et donc, source de malheur. En tout cas, Yuki est bien plus mature que certains adultes et contrairement à eux, elle sait écouter (à sa manière) les autres, ce qui lui servira grandement pour la suite. Sa grand-mère fait tout pour la protéger, mais je suppose qu’une part d’elle s’inquiète, surtout en voyant qu’elle est exclue. On peut faire le parallèle avec la réalité, on ne parle pas tous la langue des signes (et en plus, il y en a plusieurs), donc les personnes en ayant besoin sont souvent face à un mur pour communiquer. Mon handicap a beau être différent du sien, il me faut aussi parfois lire sur les lèvres pour suivre une conversation (en milieu bruyant), ce n’est pas un exercice facile, en plus d’être épuisant. Yuki est dans un environnement plutôt calme et à moins que son interlocuteur soit en face d’elle, elle ne capte pas qu’on lui parle ou qu’on médie sur elle (tant mieux en un sens).
Au final, le vrai handicap n’est pas toujours le problème physique en lui-même, mais souvent l’environnement social dans lequel on se trouve. On peut mettre en place toutes les adaptations que l’on peut, si en face aucune n’est réalisée, alors ça restera très compliqué. Une personne en fauteuil aura beau en avoir un, si le trottoir n’est pas adapté, elle ne peut pas aller dessus par exemple. Là pour Yuki, c’est plus sur le côté communication le problème. Je suppose qu’en classe, elle lit sur les lèvres de sa professeure. Heureusement, malgré tout ce qui se dit, certains adultes semblent de son côté, au moins pour l’aider à s’intégrer un peu mieux. Lors du festival, elle finit par gagner un objet, vilainement jeté dans la forêt par un camarade, un ancien ami. Frustrée, Yuki fonce, seule, pour le récupérer, alors même que la nuit commence à tomber. C’est là qu’elle fera une rencontre qui changera sa vie, celle du village, de cet ancien ami et même de cette rencontre. Ayant sans doute un bon sixième sens, elle le poursuit jusqu’à le confronter pour écouter son histoire, parce qu’elle refuse d’être comme les autres le sont envers elle, mais aussi parce que cet individu agit bien étrangement pour un supposé démon. Au final, un malentendu gigantesque est à l’origine de tout et alors qu’un autre drame va frapper le village, Yuki, son ami et le Hakutaku tentent de se faire confiance et de jouer le tout pour le tout afin de sauver tout le monde ! Le comportement de l’Hakutaku avait de quoi porter à confusion, malheureusement, les villageois ont choisis de voir le négatif et surtout, de ne pas écouter. Quel que soit le conflit, il suffit parfois juste d’écouter l’autre pour se rendre compte qu’il n’y a pas de raison à celui-ci.
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