J'ai toujours trouvé les "Lucky Luke" plutôt inégaux en terme de qualité, et force est de constater que celui-ci est le moins inspiré que j'aie lu jusqu'à présent : on croirait regarder un mauvais film avec des acteurs en roue libre. Ici, ce sont d'ailleurs les Dalton qui tiennent le premier rôle ; le véritable héros est lui relégué au second plan, apparaissant de temps en temps, presque blasé, pour leur montrer qui est le chef, quand même, parce que bon. Il les laisse faire un peu mumuse, presque par pitié, dans leur spectacle de sosies, et les refourgue à la prison à la fin, sans suspense.
L'histoire des quatre bandits, en quête de notoriété dans cet opus, est inintéressante, le scénario quasi-inexistant et / ou complètement abracadabrant. Il se dégage de leurs mésaventures une sorte de lassitude, presque de la mélancolie : les fameux frères Dalton n'ont plus foi en leur quatuor, ils manquent même de se séparer, c'est dire ! On sent poindre derrière tout cela une tentative de critique du show-business, une envie d'exposer le revers de la médaille d'une célébrité fulgurante, mais même cela n'est guère convaincant.