La Mort vivante
6.6
La Mort vivante

BD franco-belge de Olivier Vatine et Alberto Varanda (2018)

Quand Frankenstein rencontre Barbarella… et oublie d’écrire la fin du script

La Mort vivante d’Olivier Vatine et Alberto Varanda est une aventure rétro-futuriste qui mélange poésie macabre et science-fiction kitsch avec un aplomb audacieux. Adapté de l’œuvre de Stefan Wul, l’album déploie un univers esthétique saisissant, mais pêche par une narration qui trébuche sur ses propres ambitions.


L’histoire suit Sybille, une jeune femme ramenée à la vie dans un monde où la science joue à l’apprenti sorcier et où les sentiments semblent aussi artificiels que les androïdes. Si le point de départ est intrigant, le récit peine à trouver son souffle. Entre dialogues grandiloquents et mystères parfois laissés en suspens, on navigue dans une intrigue qui s’efforce de jongler entre réflexion philosophique et aventure pulp, sans toujours réussir à équilibrer les deux.


Graphiquement, Alberto Varanda livre un travail somptueux. Les décors, détaillés et oniriques, sont un régal pour les yeux. Les personnages, tout en élégance et en expressivité, évoluent dans un univers à la fois rétro et futuriste, qui évoque les grandes heures de la science-fiction vintage. Mais cette richesse visuelle peut parfois donner l’impression que l’histoire reste à la traîne, comme si elle servait simplement de prétexte à ces tableaux saisissants.


Côté scénario, Vatine s’efforce de capturer l’essence de Wul, mais l’ensemble manque de fluidité. Les thématiques sur la vie, la mort et l’humanité sont abordées de manière parfois trop superficielle, laissant le lecteur avec plus de questions que de réponses. Les personnages, bien que charismatiques, ne bénéficient pas d’un développement suffisant pour que l’on s’attache vraiment à leur destin.


Et que dire du rythme ? Entre passages contemplatifs et accélérations brutales, on se sent parfois comme dans un train dont le conducteur aurait oublié les arrêts prévus.


En résumé, La Mort vivante est une œuvre visuellement fascinante, mais qui manque de profondeur narrative pour marquer durablement les esprits. Un album qui brille comme un bijou rétro-futuriste, mais qui aurait mérité un écrin scénaristique plus solide.

CinephageAiguise
7

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Créée

le 17 janv. 2025

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