Publié en 2024 sous forme de feuilletons pour l’hebdomadaire italien Internazionale, La nuit sera longue met en lumière ce qu’on appelle L’affaire de Budapest, le cas de militant·es antifascistes italien·nes poursuivi·es par le gouvernement hongrois. Comme plusieurs autres, ielles participaient à une contre-manifestation antifasciste le 11 février 2023 à Budapest, lors du Jour de l’honneur, l’un des rassemblements de néo-nazis les plus importants d’Europe. Il chronique tout particulièrement le cas d’Ilaria, une militante italienne accusée d’avoir participé à deux agressions contre des membres de groupuscules néo-nazis, puis arrêtée et emprisonnée dans des conditions odieuses dans les geôles hongroises. Elle risquait alors de 11 à 16 ans de prison.
Zerocalcare revient sur les faits qui ont mené à l’emprisonnement ou au mandat d’arrêt de ces militant·es antifascistes, avec des demandes de peines démesurées, des traitements inhumains et des procès orchestrés. Une chasse aux sorcières du gouvernement Orban à laquelle les pays d’origine des militant·es concerné·es refusent parfois de s’opposer, quand ils ne décident pas carrément de collaborer, comme l’Allemagne.
Et qui de mieux que Zerocalcare pour nous exposer cette histoire, avec une synthèse de l’affaire claire, fidèle aux faits, et traversée de ses fameux traits d’humour (parfois noir) qui nous arrachent toujours un petit sourire entre deux grommèlements insurgés.
L’Affaire de Budapest n’a pas spécialement eu de couverture médiatique au Canada, et pourtant elle illustre parfaitement comment les mouvements antifascistes sont aujourd’hui sévèrement réprimés alors que l’extrême-droite continue de se développer et de s’implanter dans nos sociétés. L’axe Trump-Musk aux États-Unis en est l’exemple parfait. Et il est à nos portes.