Malgré le dessin inégal et quelques choix qui, perso, m'ont empêché de vraiment rentrer dans le récit (notamment une rupture constante dans les échelles à laquelle sont représentés les personnages), c'est une sacrée aventure que de découvrir une partie de l'enfance de Brigitte lecordier, voix de nombreux héros de dessins animés avec lesquels j'ai grandi, et qui se livre ici avec la même candeur qu'un Goku pour raconter des scènes souvent intimes et horribles, dans la banlieue parisienne des années 60.
Et même si on comprend bien l'idée (la naïveté d'une enfant face à un monde d'adulte dont elle n'appréhende pas encore l'horreur), ce décalage ne fonctionne pas toujours très bien, faute de maîtrise dans la narration et dans le rapport fait à l'image (on voit à la fin de l'album les essais de design et j'en trouve un bien plus original et adapté que celui choisi, même s'il fait sens de par son esthétique manga qui forcément fait écho à la carrière de l'autrice).
Bref, ça aurait gagné à être plus épuré, plus fluide aussi parfois dans le récit, mais ça aurait alors peut être moins ressemblé à cette enfance tumultueuse et surprenante que Brigitte Lecordier veut nous raconter, et qui n'appartient qu'à elle. A lire pour les curieux.