Le Combat des Chefs, Chefs est en rouge dans le titre et écrit en plus gros caractères. Dargaud S.A. Éditeur. Le dessin et la couleur sont vifs et énergiques. Avec une image de fond en bleu-violet, le devant, très coloré, est dynamique. Les numéros de page sont entourés de bleu clair. Réédition 1er trimestre 1969, n° 1242, numéro d'éditeur 170.
À la page 5 (première page du récit) et à la page 6, on retrouve l'influence du fauvisme. Il y a deux types de Gaulois : ceux qui essaient de s'intégrer à la civilisation romaine et d'autres, irréductibles, courageux, bagarreurs et de bonne humeur enfin pas toujours, si on les cherche un peu beaucoup (romains) on les trouve.
Les Romains veulent en finir avec ces derniers. Leur plan : organiser un duel où le vainqueur devient le chef des deux tribus. Par « ballottage », ce terme est pris au sens propre et représenté page 6, case 8. La solution trouvée consiste à mettre un Gaulois partisan de la civilisation romaine face à Abraracourcix.
À la page 7, la couleur s'éclaircit. Nous sommes dans la journée, les couleurs sont ensoleillées.
Dès la page 8, le plus fort des Gaulois partisans refuse de lutter à cause de la potion magique du druide. Donc la solution maléfique est d'enlever Panoramix, qui en est à l'origine.
À la page 9, un guet-apens pour capturer le druide n'est pas des plus convaincants vu le camouflage et l'envie des soldats de participer à cette mission. Tout cela se passe à la case 9.
À la page 10, les termes végétaux sous forme de calembours sont exceptionnels dans le dialogue entre ces romains camouflés et craintifs.
À la page 11, Obélix fait encore une boulette avec son menhir : sa force nuit à Panoramix qui en perd la mémoire.
À partir de la page 12, sans la potion magique, tout est perdu. Comment vont-ils lutter contre les Romains et le combat des chefs ? Abraracourcix n'a plus aucune chance de gagner.
Cette réédition de 1969 du "Combat des Chefs" brille autant par sa mise en place que par ses trouvailles graphiques et humoristiques. De l'ambiance visuelle du début jusqu'au grand coup de théâtre de la page 12, Goscinny et Uderzo posent les bases d'un suspense haletant sans jamais dévoiler la suite. Un album vintage incontournable à redécouvrir, même s'il faut tout de même fermer les yeux sur des cases dont les couleurs ne sont pas nettes.