Bendis a terminé un run adulé en mettant l'avocat de Hell's Kitchen dans la fosse carcérale. Brubaker débarque à ce moment délicat, avec un beau CV chez la concurrence mais encore toutes ses preuves à faire au sein de la maison des idées.
Son premier arc, le diable dans le bloc D, restera l'une des histoires modernes les plus percutantes du diable rouge. Plongé au cœur de la prison New-Yorkaise, Matt a tout perdu... Son secret, ses amours, sa liberté. Quand Foggy se fait agresser, le peu de retenu qu'il avait cède et le justicier laisse place à un être plus sombre, nouveau caïd de Rykers. Quand le tireur, le Punisher, et Wilson Fisk le rejoignent, la prison échappe à tout contrôle...
Modèle d'arc en prison carcéral, on suit au quotidien le difficile séjour en enfer de DD. Physiquement, il ne craint rien, mais émotionnellement la spirale où l'entraîne ce tome a quelque chose de dérangeant. A l'extérieur, un autre homme a enfilé le costume et tente d'apaiser un Hell's Kitchen sans protection. Dakota North mène l'enquête, agent de liaison de Matt avec l'extérieur... ce monde qui parait si lointain pour le héros, presque irréel.
La collection Deluxe proposant non seulement des très beaux tomes (les pages agrandies de Michael Lark rendent tellement bien) mais aussi relativement épais, on se permet ensuite de suivre la traque de DD à travers l'Europe, sur les traces de ceux ayant attentés à la vie de son meilleur ami. L'enquête, avec toujours très peu de temps mort pour conserver la synergie du diable dans le bloc D, nous mène d'ennemi en ennemi, jusqu'à la cynique découverte de l'éminence grise malmenant la vie de notre héros. Très beau dialogue, où Brubaker prouve que dans un comics mainstream une apothéose n'a pas besoin d'action.