John Constantine prend bien plus de consistance dans ce deuxième tome, qui fait enfin la lumière sur les évènements évoqués dans le premier tome, à Newcastle, traumatisme originel du héros qui lui a fait perdre une grande partie de ses proches. Si le ton acerbe et anticapitaliste reste toujours présent, il est moins explicite tout en gardant des dénonciations tout à fait avant-gardistes, à savoir l'inceste et les abus sur les enfants. Face à ce fardeau, le nihilisme de Constantine devient plus compréhensible, et il commence à prendre les attributs qui le rendent célèbre, comme son manteau (et ses cigarettes, déjà présentes dans le premier volume, mais qui semblent presque être un personnage à part entière). Le volume laisse la part belle aussi aux cauchemars du protagoniste, dans deux chapitres au milieu et à la fin du tome, cauchemar d'un nihilisme profond. Constantine est définitivement le héros sombre d'un univers sombre...