Arf… C’est bête, mais d’un côté j’ai l’impression d’être sévère, et de l’autre j’ai l’impression d’être bien généreux.
C’est que – pour être vraiment honnête avec vous – j’avoue que, me concernant, la corde s’est rompue avec la saga « Thorgal ».
Au bout d’un moment, il faut savoir reconnaître quand on a fait le tour d’un univers, de personnages, et d’expérimentations narratives… Et du coup, quand j’ai abordé ce vingt-cinquième tome, je dois bien reconnaitre que le poids des vingt-quatre précédents (et surtout des quelques derniers) a pesé dans mon absence d’immersion.
Alors le pire c’est que je trouve qu’il y a pourtant des éléments intéressants dans cet épisode.
Après le monde grec on explore le monde perse (du moins on dirait, ce n’est pas très clair) avec forêts, nains et quelques autres fantaisies.
Pas trop de fantastique, donc je suis content.
S’ajoute en plus à cela un final assez original puisque pour une fois…
l’album finit bien. Bah ouais, c’est tout bête, mais moi je trouve presque que c’est le gros point fort de ce tome-là. Que pour une fois, on ne se bouffe pas un gros final bien mélancolique et blasé sur la nature humaine, finalement ça fait du bien et c’est plutôt bienvenu…
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Mais bon... Après, au-delà de ça, je trouve qu’il y a quand-même un vrai problème de narration et de rythme dans cet épisode.
Chaque problème a sa solution ; tout semble rouler comme sur des rails…
A dire vrai, il n’y a pas de surprise.
Pour qui connait les rouages de la saga, il n’y a là aucun élément réellement surprenant ni d’enrichissement de la mécanique…
D’ailleurs, même si je le trouve bon, je considère le final très rapidement expédié.
Pire, je trouve vraiment que la dernière page relève limite du foutage de gueule.
Les dernières cases en mode « tout le monde est heureux ou presque » avec une case pour la naine tombée amoureuse de Thorgal et une case pour Jolan qui pense à sa belle, ça fait tellement « bon faut bien conclure et rattacher à ce qui va advenir… »
Pour le coup, sur cet aspect là, je trouve ça vraiment décevant.
Il y a un petit côté « resucée » et « abattage » qui me dérange vraiment, ce qui peut paraitre paradoxal parce que, pour les premiers épisodes, c’était ce côté récupération d’éléments anciens qui pour moi apportait une véritable profondeur…
Seulement c’est peut-être justement là que se trouve l’essence même d’une saga.
Une saga est une exploration. C’est l’exploration d’un univers, d’une atmosphère, d’une philosophie, de personnages, d’une dynamique… mais qui – forcément – à un moment donné ne peut que trouver sa fin.
Les prochains épisodes de « Thorgal » peuvent aller en Afrique noire, au sommet de l’Himalaya en Inde, ou en Chine, pour moi maintenant j’ai l’impression que ça ne changera plus rien désormais.
Tous les assemblages foutraques d’éléments issus de tous genres ont été essayés.
Le regard porté sur l’humain est désormais rodé, les personnages n’ont désormais plus rien pour surprendre…
Pour moi, « Thorgal » est déjà allé trop loin avec ce « Mal bleu »…
Et je constate qu’il reste encore dix volumes après celui-ci…
Autant dire que j'ai peur…