Le Passage de Mathieu Persan impressionne d’abord par sa richesse graphique : chaque page déploie des idées visuelles étonnantes, presque comme une œuvre d’art autonome. Le récit, lui, fait dialoguer un père et sa fille adolescente en grande détresse, avec une sensibilité qui évite tout effet appuyé. Le sujet est grave, mais l’auteur y glisse de l’humour et une certaine distance qui rendent l’ensemble profondément humain. Tout sonne juste, dans les mots comme dans les silences. On est touché, simplement, par ce lien fragile et ce combat pour la vie.