"Au secours, Aristophania, vous êtes mon seul espoir !"

L'intrusion du fantastique dans le réel est un thème qui a fait ses preuves, et qui le continuera tant que la qualité sera au rendez-vous. Cette qualité implique aussi un équilibre scénaristique dans les intentions des protagonistes, porteurs de l'état d'esprit de l'histoire.

Aristophania, en ce que ses auteurs ne sont pas tombés dans l'excès, aura répondu à ce défi. Le scénario, plutôt obscur, pourrait se comparer par ses enjeux à celui de La Guerre des Etoiles, dont ont ressent l'influence. Les personnages aussi, dans une certaine mesure, qui obéissent à cette forme de destinée un peu rigide qui oppose les Gentils aux Méchants, le Bien au Mal.

Dans Aristophania, "La Force" des Jedis est remplacée "L'Azur" des mages. Mais tout est rehaussé en intérêt par la transposition dans la France en transformation industrielle de 1909, et plus particulièrement à Marseille et en Provence. La reconstitution des décors et des ambiances associées est pleine d'intérêt. On regrettera toutefois cette sale manie des scénaristes et dialoguistes de faire parler tous les paysans sur le même ton de bouseux inculte, avec les mêmes expressions. Ici, des paysans provençaux, qui se seraient certainement exprimés en franco-provençal, bafouillent un français approximatif, réduit et déformé. Il y a là un mépris conditionné pour les paysans qui devrait, à notre époque, être banni de toute littérature, en particulier à vocation historique. Défaut à corriger pour Xavier Dorison, donc.

Pour l'aspect fantastique, le scénario se ressource à des thèmes historiques et "ésotériques" qui donnent de la cohérence à une histoire qui se passe à une époque où la fascination pour les mythes plus ou moins anciens est grande.

Le dessin, qui n'est pas sans rappeler celui de Rosinski avec Thorgal, renforce un réalisme où la magie va être une intruse, une surprise.

L'ensemble est harmonieux, agréable à lire, sombre sans être violent, avec cette petite "phani", cette lumière d'espoir qui brille dans l'obscurité pour guider le désir de continuer.

Bonne série de BD, à découvrir.

Edonor
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le 29 mars 2024

Modifiée

le 30 mars 2024

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Edonor

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