Beaucoup le considère comme le meilleurs albums d'Astérix. Pas moi. J'hésite entre le 7 et le 6. Pourquoi ?
Les défauts :
- D'évidents problèmes de rythme : J'ai beaucoup pu lire dans les critiques "on ne prend pas le temps de s'attarder sur les villes visitées" oui mais au-delà de ça, les péripéties défilent successivement sans jamais avoir le temps de poser une ambiance, un suspense. Deux pages par péripétie quand-même. L'auteur a-t-il pris la calculette pour savoir avec 45 planches combien auraient le temps de se consacrer à un épisode vu le nombre qu'il fallait paraître ? Je taquine Goscinny mais il est clair que 45 planches étaient un format mal adapté pour cette aventure.
- L'enjeu : il pose un problème dès le départ, la première fois que j'ai commencé l'album, c'était pour m'arrêter en voyant l'enjeu. Bon à l'époque (y 2 ou 3 ans) je n'aimait pas et ne comprenait pas Goscinny comme maintenant, mais il n'empêche que cet enjeu relève de la facilité et ne donne pas envie d'aller plus loin. Il sert l'aventure au lieu que l'aventure serve l'enjeu, limite il sert de prétexte.
- Le placement dans la série : je suis de ceux et celles qui ne lisent pas les albums dans l'ordre car je sais que pour Astérix il n'y a pas spécialement d'ordre établi. Or cette BD ressemble fort à une introduction. J'ai lu La Serpe d'Or avant Le Tour de Gaule, bah j'aurais pas dû, même si elle a été en effet faite avant. Mais on suit l'ordre des albums, avant de faire ce petit tour de Gaule en (80 jours ?) si peu de temps, Astérix et Obélix ont été à Lutèce, à Rome et je ne sais plus trop où (je n'ai pas tout lu). ce tour de Gaule en 40 planche après la visite à Lutèce en le même temps apparaît comme une régression. D'ailleurs il y a cette réplique dans cette même ville "ça n'a pas changé depuis la dernière fois" qui ressemble franchement à un problème qu'il fallu régler par cette réplique, comme si l'auteur s'était dit "j'ai déjà emmener Astérix et Obélix à Lutèce, c'est la seule ville qu'ils ne vont pas découvrir, eux et le public, je suis embêté. Je vais mettre cette réplique et cet astérisque pour contenter ceux qui ont lu et apprécié la première visite à Lutèce et leur montrer que je ne l'ai pas oublier". (pour ceux qui l'ignorerait l'astérisque est la petite étoile qui renvoie à une déf ou une réf en bas de page et oui le nom de notre héros vient de là !). Enfin, pour moi cet album marche mieux pour quelqu'un qui n'est pas trop familier avec l'univers d'Astérix.
- L'humour : quand l'humour est trop basé sur des références, ça ne me séduit pas. Déjà les références sont susceptibles de mal vieillir et je pense que c'est le cas de certaines dans cet album que je n'avais pas. Ensuite, Astérix n'a jamais eu besoin d'appuyer son humour sur trop de références, les autres albums l'ont prouvé. Quelques unes au passages ça marche mais l'humour ne doit pas en dépendre. Exemple: Le Bouclier Arverne, les arvernes et leurs accents font l'objet de gag dans l'album même si on ne connaît pas la région et l'accent (ce qui est mon cas, cette référence je sais pas d'où elle vient), mais là ça n'a pas d'importance car une fois que le gag est posé, il marche pour les meilleurs blagues comme "les chous et les choux", et pour moi je géni de l'humour goscinnien et astérixien réside là-dedans. Autre exemple: Les 12 Travaux d'Astérix, La maison qui rend fou est clairement une référence à l'admin française, là je n'apprend rien à personne. Or quand je l'ai regardé à 11ans, je n'avais pas compris ce double-sens et j'ai pourtant kiffé la scène ! car même sans la référence, il y a quelque chose de drôle. Rare sont les passages dans Le Tour de Gaule qui m'ont produit cet effet et à chaque scènes, je sentais qu'il me manquait un élément pour rigoler. Il y a même des gags que je n'ai pas compris...
Les qualités :
- Le scénario : le problème du rythme est un peu (un tout petit peu) rattrapé par un scénario bien riche et bien complet. En effet si les péripéties vont trop vite, elles fonctionnent et sont très nombreuses. Nous sommes inévitablement entraîné dans l'aventure que nous suivons sans déplaisir.
- La deuxième moitié de l'album : La liberté et l'imagination reprennent le dessus dans l'écriture ! Je sent une main plus libre et détaché pour cette deuxième moitié bien plus plaisante que la première où les aventures sont moins coincés dans ces références et cette limitation de planche dû au résultat de la calculette. Le plaisir grandit petit à petit jusqu'à une fin évoquant un tournant dans l'univers d'Astérix. Non seulement avec l'apparition d'Idéfix, le banquet, Assurancetourix attaché, etc... Mais surtout par tout ce qui s'est passé avant qui ressemblait fort à une introduction nous promettant une suite rempli de plaisir et en effet c'est un peu ce qui s'est passé. Pour moi fictivement parlant, vu l'enjeu et l'histoire, dans l'ordre des évènements d'Astérix ceux du Tour de Gaule se situe en deuxième après les évènements d'Astérix le Gaulois. D'ailleurs il a fait l'objet d'une adaptation dans le feuilleton radiophonique de 1966 et se place en premier (Astérix le Gaulois n'ayant pas été adapté).
Ainsi voilà un album assez introductif, très mouvementé, riche et plaisant mais qui comporte des problèmes de rythme, un mauvais placement dans la série et un enjeu qui ne marche pas. Donc un album sympathique pour une entrée en matière dans Astérix mais à mes yeux, loin d'être le meilleur !