"L'Enfer" de Nicolas Badout est une adaptation ambitieuse qui s'inscrit dans l'ombre du film inachevé d'Henri-Georges Clouzot. J'ai toutefois eu le sentiment que l'œuvre s'attardait davantage sur cet héritage prestigieux que sur la bande dessinée elle-même. Le récit souffre d'un rythme inégal, alternant longueurs et accélérations, ce qui rend parfois difficile à percevoir la montée progressive de la jalousie, sujet central du récit.
La BD témoigne pourtant d'un vrai travail de mise en scène : l'usage des couleurs, les déformations des visages et les expérimentations graphiques traduisent avec créativité la dérive psychologique du personnage. Malgré ces qualités, le médium atteint ici ses limites : là où le cinéma aurait pu suggérer cette folie avec davantage de subtilité, la bande dessinée paraît parfois plus démonstrative.
Une expérience de lecture mitigée, portée par de belles idées visuelles mais desservie par un rythme laborieux et un sujet particulièrement sombre.