Trois nouvelles de Lovecraft ont été adaptées dans ce recueil. La première met en scène un londonien préférant le monde des rêves à “la répugnante réalité”. Chaque nuit ses songes l’emmènent dans la cité imaginaire de Céléphaïs où, sous le nom de Kuranès, il va devenir roi. Dans la deuxième un couple vivant dans une bicoque isolée capture, maltraite et tue les chats qu’ils parvient à prendre au piège. Jusqu’au jour où un chaton disparaît d’une caravane de nomades et que son jeune propriétaire lance une malédiction sur les tortionnaires. Enfin, dans la dernière, un vieux sage et son disciple partent à l’assaut d’une montagne mythique, à la rencontre des dieux.
Trois nouvelles et trois registres bien différents. La première est sans doute la plus classique, se déroulant dans l’univers du rêve qui caractérise nombre des textes du maître de l’occulte. La seconde relève d’une malédiction, d’une vengeance où les méchants sont punis par ceux qu’ils tourmentent. La dernière joue davantage sur le péché d’orgueil, un mélange d’insolence et d’amour-propre démesuré qui peut pousser les hommes à défier des divinités face auxquels l’insignifiance de leur statut va leur sauter aux yeux. Un volume au final moins tendu, moins dense et moins angoissant que beaucoup des précédents. Sans doute est-ce dû au format court qui limite les possibilités d’expansion et de profondeur du récit. Pas une franche réussite donc, mais Gou Tanabé poursuit néanmoins son exploration de Lovecraft avec une assiduité et une fidélité qui méritent le respect.