La plus grande preuve d'appartenance de l'Humain à la Nature, c'est peut-être à quel point sa violence peut lui nuire autant qu'à elle. Dans Les contrées sauvages (Tome 1), comme l'illustre parfaitement la couverture, la Nature est souvent spectatrice de la violence de l'Humain mais lui renvoie avec brio.
Ce premier tome est parfois un peu maladroit : certaines histoires sont trop longues ou -au contraire- mériteraient développement. Rien qui n'empêche de se plonger dedans, et l'intérêt de cette anthologie est finalement tout autre : elle réunit des œuvres du début de carrière de Taniguchi, grand maître du manga pour adultes, et permet ainsi d'observer la mise en place progressive des thèmes, traits et types de narration pour lesquels il est maintenant mondialement reconnu.
De plus, le mangaka se permet à l'époque des élans d'originalité qu'on ne lui connaît pas forcément. Les derniers récits du tome se voient par exemple offrir une certaine touche surréaliste, plus onirique ou cauchemardesque, tandis que d'autres abordent la science-fiction et le western. Le style de Taniguchi est ici plus brutal et découpé que dans ses œuvres plus récentes, et c'est avec grand plaisir qu'on le redécouvre !
PS : Le tome 2 est, je trouve, encore plus puissant que celui-ci...